La souscription ou l'achat d'une part de SCPI est un investissement de nature immobilière à long terme. La durée de conservation recommandée se situe entre 8 et 10 ans et est indiquée dans le Document d'Informations Clefs (DIC) de chaque SCPI.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et l'investisseur en SCPI est exposé à des risques :
Risque de perte en capital -
Le capital investi n'est pas garanti, sa valeur peut varier à la hausse comme à la baisse en fonction en particulier de l'évolution des marchés immobiliers.
Risque de baisse des revenus -
Ni le taux de distribution ni le dividende ne sont garantis. Les performances passées ne présagent pas des performances futures.
Risque de liquidité -
Ni la société de gestion, ni la SCPI elle-même ne garantissent la revente ou le retrait des parts. La sortie n’est possible que s’il existe une contrepartie ou s'il a été mis en place un mécanisme de cession des actifs en vertu de la réglementation (dans ce dernier cas la SCPI peut proposer un prix de sortie réduit).
Risque de change -
Certaines SCPI investies à l'étranger peuvent comporter un risque de change lié aux devises étrangères de pays situés hors de la zone euro. Ce risque peut avoir un impact négatif sur la valorisation des actifs immobiliers ainsi que sur les revenus associés.
Risque lié à la gestion discrétionnaire -
Le style de gestion pratiqué par la société de gestion pour le compte de la SCPI repose sur des anticipations de l’évolution des différents marchés et sur la sélection et la gestion des actifs. Il existe un risque que la SCPI ne soit pas investie sur les marchés ou immeubles les plus performants.
Fructipierre, SCPI à capital fixe de bureaux parisiens gérée par AEW Patrimoine, publie un bilan 2025 marqué par une dégradation locative très sévères de cette série : le taux d'occupation financier recule de -1 094 bp à 78,67 % fin 2025 (TOF annuel moyen à 84,29 %), sous l'effet de 3 congés d'envergure portant sur près de 11 000 m² et d'un solde locatif déficitaire de -14 045 m² sur l'année. Sur le marché secondaire, le prix acquéreur s'est progressivement contracté de 405,00 €/part en décembre 2024 à 357,52 €/part à la dernière confrontation de 2025 (-11,72 %), avant de poursuivre sa baisse en 2026 pour atteindre 275,00 €/part au 27 mai 2026 — soit une correction cumulée de -32,10 % depuis le point haut de décembre 2024 et une décote de -31,70 % par rapport à la valeur de reconstitution (523,43 €/part, quasi stable à -1,00 %). La pression vendeuse sur le carnet d'ordres s'est nettement accentuée au second semestre : 19 593 parts inscrites à la vente fin 2025 contre 6 651 fin 2024 (1,03 % du capital), pour un ratio ventes/achats de 10 pour 1. La distribution nette ressort à 19,20 €/part (-15,79 %), conforme aux prévisions annoncées en début d'exercice, pour un résultat courant de 19,76 €/part — la SCPI sous-distribue légèrement et abonde son report à nouveau à 6,48 €/part (4 mois de distribution). Deux cessions défensives pour 10,47 M€ ont été réalisées au-dessus des valeurs d'expertise et la ligne de crédit de 82 M€ arrive à échéance en décembre 2026 dans un contexte de taux en hausse.
SOUSCRIPTION - Fructipierre est une SCPI à capital fixe : le nombre de parts en circulation est figé à 1 903 057 unités et la capitalisation n'évolue qu'en fonction du prix acquéreur constaté lors des confrontations mensuelles du marché secondaire organisé. Sur l'exercice 2025, 18 215 parts ont changé de mains pour un volume de 6,94 M€ (-17 % en nombre de parts et -18 % en volume par rapport à 2024), à un prix moyen d'acquisition de 381,71 € (-1,73 % sur l'année). La tendance du carnet d'ordres est nettement à la détérioration sur le second semestre : le stock de parts inscrites à la vente, stable à 5 802 - 6 651 unités en début d'année, bondit à 9 434 parts fin T2, puis 18 012 fin T3 et 19 593 parts fin 2025 (1,03 % du capital, soit 7,00 M€) — contre 0,54 % fin 2024. Le rapport ventes/achats s'établit en moyenne à 10 pour 1 sur l'année, illustrant le fort déséquilibre structurel entre offre et demande. Le ratio de liquidité à 3 mois, qui atteignait encore 83 % au T1, se dégrade rapidement à 55 % au T2, 23 % au T3 et 21 % au T4, avec un délai de cession théorique passant de 4 mois début d'année à 14 mois fin 2025. La trajectoire des prix acquéreurs reflète cet assèchement de la demande : de 405,00 € en janvier 2025, le prix recule progressivement à 376,05 €/part en juillet-août, puis accélère à la baisse à 365,15 € en novembre et 357,52 € à la confrontation du 30 décembre 2025. Les confrontations de 2026 confirment la poursuite du mouvement : 294,30 € en janvier-février, 281,00 € en mars, et 275,00 €/part au 27 mai 2026 — soit une correction cumulée de -32,10 % depuis le point haut de décembre 2024. La capitalisation s'établit à 680,38 M€ fin 2025 (-11,72 % sur l'année, reflet exclusif de la baisse du prix acquéreur) pour 13 875 associés.
ACQUISITION - Aucune acquisition n'a été réalisée en 2025, l'absence de collecte et la stratégie d'endettement raisonné excluant tout nouveau déploiement. Le placement immobilier au bilan recule de -1,94 % à 913,45 M€, réparti sur 56 actifs pour 144 841 m² (-3 438 m² sous l'effet des cessions). La valorisation globale du patrimoine reste supérieure de près de 18 % au prix d'acquisition historique selon le Conseil de surveillance. La répartition géographique reste quasi intégralement parisienne : Paris 72 % (+100 bp), Île-de-France hors Paris 20 % (-100 bp), Régions 8 % stables — une concentration sur les adresses les plus résistantes aux corrections de valeur dans le contexte actuel du marché des bureaux franciliens. La répartition sectorielle est inchangée : bureaux 81 %, commerces 18 %, logistique 1 %. Le taux d'engagement ressort à 8,80 % (+34 bp), niveau très conservateur pour une SCPI de cette taille, avec un surinvestissement résiduel de 76,40 M€ financé par un crédit renouvelable de 82 M€ souscrit en décembre 2021 auprès de Banque Palatine, Banque Postale, Arkéa, Bpifrance et Investimmo. L'échéance finale de cette ligne — qui couvre à 80 % par un cap à 0 % conclu en janvier 2022 — intervient le 15 décembre 2026 : son renouvellement à des taux et avec des garanties significativement plus contraignants que les conditions initiales (Euribor + 1,35 %) constitue le principal risque financier identifié pour 2026.
CESSION - Deux cessions défensives ont été réalisées au T4 2025 pour un montant total de 10,47 M€, toutes deux réalisées au-dessus des dernières valeurs d'expertise (+4 % en moyenne) mais en moins-value par rapport au prix de revient comptable. La cession principale porte sur un actif de bureaux de 2 825 m² à Montreuil (93), 40 rue Armand Carrel, acquis en 2009 et vendu le 18 décembre 2025 pour 10,01 M€ net vendeur, dégageant une moins-value nette de -975 555 € après honoraires et commission d'arbitrage. La seconde cession concerne un actif de 607 m² à Fontenay-sous-Bois (94), vacant depuis 2022, vendu pour 471 700 € (+7 % vs expertise) avec une moins-value nette de -237 087 €. Au total, les deux cessions génèrent une moins-value nette consolidée de -1,21 M€ (-5 % vs prix de revient), portant le solde cumulé du compte de plus ou moins-values réalisées à -2,92 M€ fin 2025. Le Conseil de surveillance précise qu'une distribution de plus-value est proposée à l'Assemblée Générale (résolution n° 5), ce qui implique au préalable un apurement du solde négatif par prélèvement sur la prime d'émission (résolution n° 4), avant de pouvoir céder d'autres actifs en plus-value pour alimenter une réserve distribuable. Le plan d'arbitrages potentiels présenté au Conseil vise à poursuivre le repositionnement du patrimoine en cédant des actifs dont les perspectives d'amélioration ou d'optimisation sont limitées.
GESTION - L'exercice 2025 enregistre la dégradation locative la plus sévère de l'histoire récente de Fructipierre : le TOF ASPIM recule de -1 094 bp à 78,67 % fin 2025 (contre 89,61 % fin 2024), avec une trajectoire en accélération continue — 87,60 % au T1, 86,55 % au T2, 84,20 % au T3, puis un décrochage brutal à 78,67 % au T4 (-703 bp sur le seul dernier trimestre). Le TOF annuel moyen s'établit à 84,29 % (contre 90,52 % en 2024). La vacance brute atteint 21,33 % (+1 094 bp), représentant 38 951 m² fin 2025 — une valeur locative potentielle de 13 M€ contre 7,3 M€ fin 2024. Le TOF en exploitation effective ressort à 74,71 %, les franchises de loyers (3,78 %, quasi stables) amplifiant légèrement l'écart avec le TOF ASPIM. L'activité locative a porté sur 9 986 m² négociés mais avec un solde locatif fortement déficitaire de -14 045 m² : 33 libérations pour 17 468 m² (8 M€ de loyers annuels, concentrées à 70 % sur 4 immeubles à Paris, Puteaux-La Défense et Neuilly-sur-Seine) contre 18 relocations pour seulement 3 423 m² (1,70 M€) et 3 renouvellements pour 3 133 m² (1,05 M€). Trois congés d'envergure totalisant près de 11 000 m² constituent le fait locatif majeur de l'exercice. Les surfaces vacantes, concentrées à 86 % sur 13 lignes identifiées (Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine, Saint-Denis, Ivry-sur-Seine, Puteaux-La Défense, Paris 9e/11e/17e, Lille, Marseille, Voisins-le-Bretonneux), représentent ponctuellement 27 % de la surface totale. La WALB s'établit à seulement 2 ans — une durée résiduelle des baux particulièrement courte qui signale une pression de renouvellement intense à horizon 2027, dans un marché de bureaux franciliens en recul de 19 % par rapport à la moyenne post-Covid et où les mesures d'accompagnement atteignent en moyenne 30 % du loyer facial.
VALORISATION - Fructipierre est une SCPI à capital fixe : la référence de valorisation économiquement pertinente est le prix acquéreur du marché secondaire organisé hors augmentation de capital. Le dernier prix acquéreur constaté le 30 décembre 2025 s'établit à 357,52 €/part — soit une décote de -31,70 % par rapport à la valeur de reconstitution (523,43 €/part, quasi stable à -1,00 %) et de -20 % par rapport à la valeur de réalisation (447,38 €/part, -1,41 %). Cette décote de marché, significative, reflète la pression vendeuse structurelle sur le carnet d'ordres et l'anticipation par le marché des difficultés locatives à venir, bien au-delà de la seule correction des valeurs patrimoniales. Elle représente néanmoins, pour un investisseur entrant à ce niveau, un potentiel de revalorisation structurel si le marché secondaire devait progressivement converger vers la valeur de réalisation. La valeur de réalisation à 447,38 €/part reste supérieure de 18 % environ au prix d'acquisition historique du patrimoine. La trajectoire des confrontations 2026 confirme cependant que ce potentiel de revalorisation ne s'est pas encore matérialisé : 294,30 € en janvier-février, 281,00 € en mars, 275,00 € au 27 mai 2026 — la décote par rapport à la valeur de reconstitution atteignant désormais -47,45 % à ce dernier niveau. La valeur IFI 2025 s'établit à 296,47 €/part (contre 337,63 €/part en 2024), identique pour résidents et non-résidents, le patrimoine étant intégralement français. Le rendement global immobilier (RGI) ressort à 3,53 % (TD de 4,94 % diminué de -1,41 % de variation ANR).
DISTRIBUTION - Fructipierre a distribué un dividende annuel brut de 19,20 €/part en 2025 (-15,79 % par rapport aux 22,80 €/part de 2024), conforme à l'objectif annoncé en début d'exercice. La structure trimestrielle est parfaitement homogène à 4,80 €/part sur chacun des quatre trimestres — une régularité qui contraste avec la volatilité des confrontations du marché secondaire sur la même période. Le patrimoine étant intégralement français et sans fiscalité étrangère applicable, le dividende brut est égal au dividende net (19,20 €/part). Le taux de distribution s'établit à 4,94 % calculé sur le prix acquéreur moyen de l'exercice 2024 (381,71 €), contre 3,85 % en 2024 — mais cette progression du taux affiché est imputable à la baisse du prix de marché et non à une hausse du dividende. Avec le résultat courant (19,76 €/part), Fructipierre sous-distribue de 0,56 €/part, abondant son report à nouveau qui progresse de 5,92 €/part fin 2024 à 6,48 €/part fin 2025 — soit environ 4 mois de distribution au rythme actuel, contre 3,1 mois fin 2024. Pour 2026, la SCPI Fructipierre vise une distribution prudente de 18 €/part, soit un repli de -6,25 % par rapport à 2025. La performance globale annuelle (PGA) 2025, qui cumule taux de distribution et variation du prix acquéreur moyen (-1,72 %), ressort à 3,22 % — supérieure aux moyennes nationales des SCPI bureaux (-0,3 %) et d'entreprise (1,5 %).
CONVOCATION - L'Assemblée Générale Ordinaire d'approbation des comptes 2025 de Fructipierre se tiendra le 22 juin 2026 à 10h00, 59 avenue Pierre Mendès France, 75013 Paris (Immeuble Austerlitz II — Auditorium). L'avis de convocation a été publié au BALO le 5 juin 2026. Des résolutions ordinaires portent sur l'apurement du solde négatif du compte de plus-values par prélèvement sur la prime d'émission et sur une éventuelle distribution de plus-value subordonnée à de nouvelles cessions en plus-value.
AVIS & PERSPECTIVES - Fructipierre présente en 2025 une configuration paradoxale : un patrimoine résistant sur le plan patrimonial (valeur de réalisation quasi stable à -1,41 %, expertise supérieure de 18 % au prix de revient historique, trois quarts du patrimoine à Paris) confronté à une dégradation locative d'une ampleur inhabituelle (-1 094 bp de TOF en un an, solde locatif négatif de -14 045 m²) et à un marché secondaire en décrochage accéléré — dont les fixings de 2026 (275,00 €/part au 27 mai) indiquent que le mouvement n'est pas encore stabilisé après cinq mois consécutifs de baisse. La concentration parisienne à 72 % constitue structurellement un atout pour la résilience des valeurs vénales — les bureaux parisiens du centre-ouest restent recherchés avec des loyers prime en hausse — mais ne protège pas contre les congés sur des actifs en dehors du cœur parisien, qui représentent l'essentiel du flux de libérations 2025. Deux points de vigilance concentrent l'enjeu de 2026. Le premier est le renouvellement de la ligne de crédit de 82 M€ avant le 15 décembre 2026 : le Conseil de surveillance le formule sans ambiguïté — les nouvelles lignes se négocieront à des taux et avec des garanties significativement plus contraignants que les conditions initiales, avec un impact direct sur le résultat courant et donc sur la capacité distributive, déjà ciblée à 18 €/part. Le second est la recommercialisation des 38 951 m² vacants, dont la valeur locative potentielle de 13 M€ représente plus d'un tiers du loyer annuel en cours, concentrée sur 13 actifs identifiés qui constituent l'enjeu locatif majeur de l'exercice à venir. La WALB à 2 ans signale par ailleurs que la pression de renouvellement s'intensifiera à horizon 2027, dans un marché où les mesures d'accompagnement représentent en moyenne 30 % du loyer facial. Le report à nouveau à 6,48 €/part (4 mois de distribution) et l'absence de surdistribution en 2025 constituent des marges de sécurité réelles, mais mesurées au regard de la durée probable de la phase de reconstitution du TOF.